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à bout de souffle 

La Bourboule. Avant d'y débarquer le nom me paraissait aussi incongru que familier. Ceux avec qui j'échangeais évoquaient un truc aux contours confus et incertains mais assurément d'une autre époque. Un endroit un peu mythique, voire carrément imaginaire, où l'on envoyait les enfants se faire soigner des maladies des grandes villes. La-bour-boule. Comme un nom inventé pour leur faire avaler plus facilement la pilule, celui d’un vieux cirque ambulant ou d’un jeu d'antan.

 

Jusqu’à ses quelques habitants pour qui le présent semble se conjuguer au passé. Alors c'est le temps - ses effets, sa perception- que j'ai tenté de photographier. Des portraits de jeunes adultes, que l’on devine derrière un écran de buée, évoquent tant un avenir qui prend forme qu’une jeunesse que l’on oublie, jusqu’à ne laisser qu’un vague souvenir. Des vues de la ville fatiguée, avec le même procédé vaporeux, inventorie les lieux et signes d’une grandeur délavée.

 

La station thermale connue pour traiter les afflictions respiratoires est une ville d’eau. Alors c’est assez naturellement que j’ai choisi d’intégrer cet élément dans mon processus de création, avec un protocole en deux temps. De retour à l’atelier, après une première phase de prises de vues lors ma résidence à la Bourboule, je rephotographiais les tirages collés à une vitre embuée. À différents stades d’évaporation, comme des souvenirs plus ou moins diffus.